28 août 2010

La plus-value d’hyper pertinence, commencer les rétro 2010 en août. TODAY : CINOCHE

« Lorsqu’Il vit que l’émission spontanée de sons intelligibles n’allait pas forcément de pair avec l’imagination nécessaire à leur création, Dieu implanta dans le cerveau de ses deux pantins électroniques une application langagière très pratique et facile à développer en hardware comme en software : Il l’appela « Le récit de ma journée ». La communication s’en trouva facilitée car les pantins n’étaient plus obligés de recourir à leur intelligence conceptuelle pour discourir. Et Il trouva que cela était bon. Pas super pertinent mais bon. »

Comme le montre cet extrait de la Genèse, ce n’est pas depuis peu que les Hommes ont besoin de béquilles pour communiquer. C’est pourquoi lorsque je n’aurai pas spécialement d’hyper pertinence à distiller, je vais recourir régulièrement à un procédé qui ne mange pas de pain : la rétrospective ; en l’occurrence le point sur ce que j’ai pu voir depuis le 1er janvier 2010 dans les salles obscures. Vous me direz : c’est un peu le principe du blog de raconter sa vie. pourrie. Et bien écoutez laissez-moi la fierté de réinventer le principe du blog et de l'eau chaude pendant que j'y suis, et merde.

 Pour ce qui est de ce post, nous aborderons comme il se doit les premiers mois de l’année, à savoir en premier lieu le mois de Janvier, qui inaugure traditionnellement l’année civile, puis dans un deuxième temps le mois de février, mois court s’il en est. Par la suite nous aurons largement le temps d’aborder d’une part le mois de mars, fabuleusement riche pour bien des raisons, et, d’autre part, le mois d’avril, qui selon le proverbe n’est pas si chaud que sa position printanière le laisserait supposer. Dans une troisième partie, nous verrons comment se sont poursuivies mes aventures cinématographiques en mai, le mois préféré des feignants et des subversifs, puis en juin, qui cette année aura été marqué par la grève inédite des forçats du football. Pour la bonne bouche et en guise de conclusion, je vous raconterai en détails quels films ont marqué mes pupilles de leurs empreintes pendant les rutilants mois d’été, qu’on appelle dans nos régions : juillet, pour le premier d’entre eux ; et aout, pour ce qui concerne le deuxième. Est-ce que je vous ai déjà dit que mon rêve serait d’être payé à la ligne comme Alexandre Dumas ?

DONC : Janvier 2010 au ciné…

Les sources sont formelles (car oui je travaille sur des sources premières, je ne fous pas de votre gueule) : l’année ciné a commencé pour moi le 1er janvier au soir par un film roumain, Tales from the golden age, hilarant film à sketches racontant trois légendes urbaines issus des années Ceausescu. La suite est parait-il en court, nous l’attendons avec impatience…Cela donne le ton d’un mois de janvier très international et fort réussi.

Dans le genre moyen-oriental, nous avons eu : Les chats persans, fiction sur des jeunes iraniens qui veulent faire du rock dans leur pays. Ce sont vraiment des petits sacripants pervertis par les diables occidentaux ; de fait, en retour ils galèrent pas mal. En fait le film se veut surtout un tour d’horizon des musiques interdites sous le régime des Ayatollahs, et c’est une curiosité. Vous n’aurez pas beaucoup l’occasion d’écouter du rap persan, encore moins de voir un clip, alors rien que pour ça…cela dit, c’est moins dépaysant qu’on ne le pense, ils font à peu près la même chose que les rappeurs occidentaux, les belles bagnoles tunées en moins. Et leur rock, c’est de la soupe pareil aussi. Bref, maintenant que j’y réfléchis, n’y allez pas pour la musique mais pour savoir si ils vont s'en sortir, et surtout par solidarité envers nos frères persans qui mériteraient de faire et d’écouter les mêmes merdes que nous. Dans un genre plus proche-oriental et vachement peplumesque Agora, où il est question d’intolérance également, mais cette fois-ci il est question des chrétiens du 4ème siècle à Alexandrie et non des musulmans intégristes de maintenant. Le cinéaste nous suggère toutefois (c'est patent)que christos à la Cyrille ou muslims à la Ben Laden c’est en l’occurrence à peu près le même trip. Un genre de parallèle historique, quoi. Les pauvres vont chez ceux qui s’occupent d’eux, manque de bol en l’occurrence ce sont les plus cons, les plus incultes, les plus violents, les plus avides de pouvoir. Les plus intelligents et les plus humanistes (les greco-romains en l’occurrence) s’occupent moins des problèmes de paupérisme que d’astronomie, d’étoiles qui tournent autour de la Terre ou du contraire, bref ils causent environnement et non redistribution des richesses. Ils sont un peu gavés du pouvoir, cette chose méprisable qui corrompt les âmes et qu’il est si difficile de garder sans armée. On sent bien qu’en tant que philosophes en toge et fiers de l'être, ils trouvent les questions sociales un peu répugnantes ;  alors que l’univers est si vaste et si peu connu, pourquoi ne penser qu’à bouffer ??? Mais les pauvres et les chrétiens sont plus nombreux, alors bon, tant pis allons nous en... Un film si proche de l’actualité qu’il en devient assez passionnant, si l’on oublie un peu la réflexion philosophico-astronomique assez pesante et l’héroïne, superbe à regarder mais pénible à écouter. A l’image de Michael Lonsdale en toge romaine, c’est au choix grotesque ou bien vu. Je pencherais légèrement pour la deuxième hypothèse, mais je dois vous avouer que je ne suis pas loin d’être le seul. Plus largement apprécié, Bright Star, de Jane Campion : l’histoire du poète John Keats, mort jeune et amoureux. Le coup du poète maudit, ca donne parfois de la bonne vibe, et puis Jane Campion connait son métier. Très très très joli film donc, surtout pour les amateurs de passions romantiques dévorantes et les amoureux de la campagne anglaise. Manque quand même Michael Lonsdale en toge, maintenant que j’y réfléchis.

 

Il y eut aussi en janvier Tetro de Coppola, superbe plastiquement, très nerveux et visiblement très autobiographique, un poil hystéro-intense pour mon goût mais la magnifique photo en noir et blanc vaut bien de supporter quelques minutes les mimiques maniérés de Vincent Gallo. Mais il y manque Michael Londale en toge. Pas besoin de lui par contre dans La merditude des choses, chronique d’une famille de marginaux flamands (bah oui, faut pas croire, ils sont pas mieux que les wallons, ils font les malins, mais…), c’est drôle, vulgaire, touchant, désespérant avec quand même un fond d’espoir, bref c’est très bien. Preuve que ça fait pas tout le temps rêver, les familles unies... Pour ceux qui pensent que vous et votre bande êtes décidément les fêtards ultimes rapport à la soirée d’hier qui s’est fini à l’aube en pissant dans la rue et au fait que déjà les jours d’avant vous aviez pas mal chopiné, ce film remet les petites vanités universelles en perspective…D’après mes sources (mes tickets de cinéma, si vous voulez tout savoir), j’aurais vu le 19 janvier Une petite zone de turbulence, avec Miou-Miou et Michel Blanc. Alors, oui, maintenant que je le vois marquer, je suis prêt à le croire, mais je n’en aurais pas mis ma main à couper (personne n’aurait eu l’idée de me refourguer un vieux ticket de cinéma du 19 janvier, par hasard ?). Je ne me souviens pas très bien non plus de Shirin d’Abbas Kiarostami. Enfin, je me souviens très bien être allé le voir, je me souviens très bien aussi de m’y être assoupi. Enfin, assoupi…j’ai fait une sieste, et pas du  genre de la sieste de 20 minutes que conseillent les médecins de France 5. Vous aurez compris pourquoi lorsque vous aurez lu cet extrait d’un article du Monde : « Voilà un film comme vous n'en n'avez jamais vu. Un film miroir. Un film entièrement situé dans une salle de projection, où la caméra tourne le dos à l'écran. Ce sont les visages et les yeux des 108 femmes qui assistent à cette projection, 108 femmes voilées, des Iraniennes. Le film que regardent ces femmes s'appelle Shirin (l’équivalent Persan de Tristan et Iseult). Celui qui montre l'impact de Shirin sur le visage de ces spectatrices se nomme Shirin lui aussi. C'est toute l'astuce de Kiarostami, qui a tourné les deux, le visible et l'invisible. » Moi j’aime bien « les films comme on en a jamais vu », mais là sans déconner…j’ai même pas vu Juliette Binoche, j’ai perdu connaissance à la 17 minute, comme pendant France-Uruguay. Je ne me souviens plus très bien non plus de Complices, mais j’avais bien aimé par contre. En fait en y réfléchissant plus longuement je me souviens bien du film mais j’ai drôlement la flemme de vous raconter pourquoi j’ai aimé. En gros c’est une bonne histoire avec deux jeunes acteurs très biens, et puis il y a Melki et Devos qui sont très biens aussi. C’est donc très bien et vous pourrez le regarder sans arrière-pensée, malgré l’absence de Michael Lonsdale en toge. Il y eut aussi en janvier Invictus de Client Eastwood. Il y a des films auxquels on repense en se demandant pourquoi on a plutôt bien aimé. En tout cas, Clint annonça partout qu’il était très fier des séquences de matchs de rugby…il convient donc de se demander si il est réellement possible de filmer du rugby correctement, étant donné que : l’abus de ralenti est un procédé un peu facile qui de plus confine au grotesque lorsqu’on lui ajoute le bruitage au ralenti (cf la poussée dans la dernière mêlée…faudrait que je vous le fasse en vrai, à pisser de rire les gars) ; faut être un peu con pour pas voir que les « joueurs » sont à 50%  et qu’ils font toujours la même combinaison (une bonne vieille croisée) ; rien qu’à la façon de marcher à la fin des matchs on voit que Matt Damon a pratiqué le football américain plutôt que le rugby…Pour le reste, tout compte fait ça ne vaut pas trop le coup d’en parler.

 

Reste les deux films phares de la fin du mois : Gainsbourg vie héroïque et A serious man. Je vais pas parler trop du premier car tout le monde connait son existence, à part pour vous assurer qu’il n’y aurait que des bonnes choses à en dire. Pour le deuxième, il faut peut-être repréciser que c’est le dernier film sorti à ce jour des Frères Cohen et qu’il est peut-être malheureusement passé un peu inaperçu, de par son étrangeté et aussi peut-être de par l’absence (salutaire de temps en temps ?) de grosse pointure comme Georges Whatelse par exemple. Aussi je le recommande chaudement, ne serait-ce que pour une scène de décès d’anthologie, et puis pour l’atmosphère singulière, irréelle (rappelant un peu Barton Fink ?) , le tout baignant pourtant dans un milieu très précis que les Cohen connaissent visiblement très bien et que nous qualifierons de juifs ashkénazes, pour faire court. Vraiment génial, le film du mois selon le baromètre ciné- moi-même Yannick Campe pour HPP.

Voici d’ailleurs le classement du Baromètre pour janvier 2010 (on s’en fout des classements, d’ailleurs je n’aime pas ça, mais enfin je trouve que ca fait classe) :

1) A serious man

2) Tetro

3) Gainsbourg vie héroïque – ex-æquo avec : Tales from the golden age et avec La merditude des choses et aussi avec Bright Star, tiens, on est pas chien et puis c’était un très bon mois décidement.

7) Agora (une petite pensée pour Michael Lonsdale en toge romaine. Mais qu’est-ce qu’il foutait là au juste ?)

8) Complices

9) Invictus

10) Les chats persans

Pour Une petite zone de turbulences, je préfère réserver mon jugement, parce que…ha bah non, même avec le résumé sous les yeux, je sais pas ce que c’est au juste. Et pour Shirin, allez on laisse le bénéfice du doute à Kiarostami, après tout j'avais peut-être fait un marathon le matin même, je ne m'en souviens plus.

Prochainement : Février 2010…

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