29 septembre 2010

JUILLET 2010 AU CINEMA : FRANCE Vs ANGLETERRE

Bon, ça s’étale cette rétro, alors avançons, avançons. Juillet se résuma à un match France-Angleterre : trois films chacun. On commence par Tournée, de et avec Mathieu Amalric (formidable). Un ex-producteur à succès revient en France avec un spectacle de striptease très original et le film raconte l’odyssée de ce magnifique personnage d’égocentrique et de ces stripteaseuses aux personnalités et aux physiques variés : un joyeux bordel hyper fun. Le dévoilement des nerfs débouche parfois sur l’hystérie, et l’hystérie ça peut être fatiguant. En l’occurrence cela ne l’est pas trop, et même on en redemande. Après un récit ambulant et sans ficelles apparentes, un huis-clos « à dispositif » : La disparition d’Alice Creed, film britannique (donc : superbes comédiens) qui raconte l’enlèvement d’une gosse de riche appelée Alice Creed (si,si) par deux types évidemment motivés par la rançon. c’est assez haletant et bien ficelé, mais justement un peu trop ficelé, tant les renversements de situations abondent sans qu’on sache bien jusqu’où le feuilleton peut aller La partie huis-clos est assez bonne, une fois que l’on s’échappe de la pièce capitonnée on a quand même hâte que ça se termine. L’illusionniste de Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville) ressuscite un scénario de Jacques Tati, et Mr Hulot lui-même, en dessin animé (dans le genre des Triplettes, donc…). La poésie, l’humanité et surtout l’humour fonctionnent nettement moins bien que dans les films du grand Jacques, j’avoue avoir surtout éprouvé un certain ennui devant ce qui est avant tout un hommage compassé (c’est le terme qui convient, et ça ne colle pas avec Tati) à un créateur et à un monde disparus. Après quoi un peu d’action ne fait pas de mal : Carlos d’Assayas procure de ce point de vue pas mal d’émotions, surtout dans sa première partie : la reconstitution  de la prise d’otages des représentants de l’OPEP à Vienne est carrément impressionnante. Par la suite, Assayas rencontre un peu le même problème que des « biopics » récents comme Mesrine ou Gainsbourg , à savoir que plus on se rapproche d’une époque récente et plus cela devient confus. Ce qui parait logique : à un moment donné ces trois vedettes sont plus ou moins « bloqués » (Mesrine et Carlos sont surveillés et ne font plus ce qu’ils veulent ; Gainsbourg est enfermé dans le personnage qu’il s’est crée ; concernant Gainsbarre et Mesrine, leurs actes les plus récents sont trop bien connus du grand public).  En l’occurrence, la situation de Carlos à partir des années 80 est tellement compliqué (il est protégé par tel pays, puis par un autre, etc.) et les changements de situation tellement rapides qu’on a l’impression que le film s’accélère artificiellement parce que les événements sont trop difficiles à développer. Je n’ai pas vu la série tiré du même tournage, mais il est possible que la première partie du film soit très bien adapté au cinéma et que la deuxième partie corresponde beaucoup mieux au format de la série télévisuelle. Mais n’ergotons pas : c’est quand même passionnant. Petits meutres à l’anglaise s’appellent Wild Target dans son pays d’origine…pour surfer sur la vague de Petits meurtres entre amis, qui date quand même de 15 ans. Comme c’est anglais, les comédiens sont excellents. Un tueur professionnel (le meilleur, of course) dit tuer une fille, mais ça s’avère plus compliqué que prévu. C’est pas compliqué, un poil attendu mais très amusant. Pour finir un mois de juillet décidément très anglais, Tamara Drewe, de Stephen Frears, une comédie dans laquelle - devinez quoi ?- les comédiens sont excellents. Cela se déroule dans un village anglais, entre une fille du cru de retour après une opération de chirurgie plastique, un gars du coin amoureux de la précédente, deux ados du coin qui feraient tout pour s’emmerder un peu moins, des écrivains, une star du rock, une femme d’écrivain frustrée, etc. Sur le mode de la caricature (d’où l’importance de bons comédiens pour rendre un peu crédible les personnages), Frears réalise un film léger mais pour le coup franchement drôle. Lorsque le film tente de sortir de l’humour pur, on s’aperçoit  malgré tout du caractère artificiel de l'ensemble. Les trois films britanniques que j’ai pu voir en juillet souffrent d’ailleurs de la lourdeur d’un dispositif très cadré et très scénarisé, ce qui évite les grandes catastrophes (c’est ce qu’on appelle de la bonne production) mais ne procure pas d’émotions particulières. Prime donc à la France, malgré L’illusionniste dont la production est de toute façon à moitié britannique...

1- Tournée

2- Carlos

3- Tamara Drewe

4- La disparition d’Alice Creed

5- Petits meurtres à l’anglaise

6- L’illusionniste

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