08 décembre 2011

De retour. J'espère pas trop me taper la Shame avec ce qui suit

Devant l'afflux des non-demandes, j'ai décidé de reprendre ce blog. Et pour fêter ça, je vais parler ciné, cela me changera un peu. J'ai été voir Shame tout récemment. Petit conseil pratique : le film est à vous dégoûter du sexe, y aller en couple ne ferait qu'ajouter à votre désarroi et vous priverait de toute activité ce ce type pendant une durée indéterminée. En effet, Brandon est un obsédé sexuel qui se branle au boulot, mate des films pornos, se tape des putes. De fait, il est assez associable, et il y a de quoi: c'est vraiment la super shame on him. La vie d'un tel tocard ordinaire (toi, peut-être, polission ou polissonne qui me lit) pourrait nous être raconté par les frères Dardenne d'une manière un peu différente, mais ici nous sommes à New York et le réalisateur est Steve McQueen, non pas l'acteur revenu des Enfers, mais le réalisateur du déjà fort dérangeant Hunger. Du coup, Brandon est un beau mec qui a un bon boulot, un bel appart', un regard d'acier, ce qui lui permet de s'envoyer parfois en l'air avec des jolies filles qu'il séduit sans trop parler (facile) et ce qui arrange bien le réalisateur susnommé au niveau de l'esthétique général du film (superbe, évidemment, c'est New York et on suit les traces du petit-fils de Don Draper). Mais nous spectateurs savons bien qui est Brandon... Quand sa soeur chanteuse débarque dans son appart', il est absolument odieux avec elle, comme d'ailleurs il est infect (ou éjaculateur précoce) avec toutes celles qui pourraient le pousser à une relation sérieuse ou simplement non tarifée. Il est un peu pote avec son connard de patron... mais après tout on sent bien que c'est aussi une sorte de relation tarifée. Bref, il veut être seul dans sa honte et restera presque un mystère pour nous. Les américains sont très fort pour nous faire vibrer avec des personnages qui ne veulent rien laisser paraître. McQueen dresse moins le portrait d'un pervers que celui d'un malade qui ne parvient à se soigner, et sa virtuosité filmique rend la descente aux enfers de ce branleur (il arrête pas, je vous jure) tout à fait fascinante.  Après que notre petit coquin eut subi un bon électrochoc (je raconte pas, je raconte pas), les séquences finales laissent présager, comme dans Eyes Wide Shut,  un espoir de rédemption... ou pas. Remarquable, mais remuant (cf le conseil pratique du début de l'article, c'est à dire le seul passage que tout le monde aura lu). Comme dirait le grand Michel, nous sommes vraiment là dans les coulisses morbides des villes de grande solitude.

A bientôt, les amis. 

PS: dans un mois presque jour pour jour, c'est l'anniversaire de la naissance de feu notre maître Jean Poperen, j'espère que nous pourrons nous réunir à cette occasion pour célébrer sa mémoire et boire le verre de l'amitié.

Posté par leblogdeplus à 23:47 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur De retour. J'espère pas trop me taper la Shame avec ce qui suit

    Hipi yeah !!!

    Ben moi je suis hyuuyyyyyyyyyyyyyyyyyyper contente de votre retour, cher monsieur Hyperpertinent, parce que vous m'avez grave manqué.
    Et puis c'est trop bien ce que vous racontez, ça donne grave envie d'aller voir les films, grave celui là encore plus parce que ça a l'air grave cochon.
    Continuez grave !

    Posté par Gravgirl, 09 décembre 2011 à 13:47 | | Répondre
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