21 décembre 2011

"A dangerous method". Enfin, dangereuse...

Un message bien triste ce soir. Je suis allé voir A dangerous method, de David Cronenberg. La dangereuse méthode en question, c'est celle utilisé par le célèbre docteur Jung pour soigner sa patiente masochiste. Un titre assez frontal. Le film n'est d'ailleurs pas beaucoup plus fin. A l'arrivée, j'ai bien compris que tout cela était censé dangereux, mais je vous avoue que cela reste quand même pour moi assez théorique : j'ai eu comme l'impression de voir des comédiens faire de maigres efforts pathétiques pour avoir l'air d'être en train de se noyer dans un verre vide. 

Il faut admettre que Cronenberg ne fait pas dans la dentelle, mais avec un bon clou et un bon marteau il assène quand même souvent des films formidables. Parfois, c'est grotesque. En l'occurrence, c'est très emmerdant. A tel point que je ne sais quoi vous racontez de marrant sur ce truc. Jung et Freud deviennent amis et puis se fâchent, Jung se tape (et tape) sa patiente et puis regrette, et nous on s'en tape, et puis on s'en tape. Si on ne connait pas trop l'histoire de Jung et Freud, comme moi d'ailleurs, on peut à la limite sortir de là en ayant l'impression d'avoir lu un article Wikipedia (un peu) mis en fiction. J'ai dit lu, pas voir, car c'est là le plus surprenant : rien d'intéressant à se mettre sous les yeux. Même quand la mignonne Keira Knightley se fait fouetter le derrière par Jung-Michael Fassbender, le type qui décidément à la chic pour avoir la shame, ben... on ne voit rien, enfin rien d'intéressant. Visiblement, David C. a du estimé une fois arrivé sur le lieu de tournage qu'il n'y avait décidément rien à tirer de ces histoires de psychanalystes à la con, et que du coup il valait mieux faire fissa. Exemple : Vincent Cassel apparait cinq minutes en médecin obsédé du cul et nous assène trois fois la même thèse en trois minutes, à savoir "il faut assouvir ses pulsions, sinon ca reste en dedans et c'est pas bon pour la santé"... Bon programme ! Du sexe, du sang, de la controverse ! Et bien cela nous donne tout juste le plaisir de voir la moitié des nichons de la jardinière pendant 5 secondes. Rien, je vous dis.

Ah si : Vigo Mortensen interprète un Freud particulièrement bien coiffé et à la barbe impeccable. Et même si c'est à peu près tout ce qu'on peut retenir de sa prestation, il fume le cigare avec une telle classe... Mon Dieu, mon inconscient m'a échappé un instant, excusez-moi. Pour le reste, on aura bien compris que Freud était juif et se méfiait des aryens, on prend quand même la peine de nous le répéter deux fois. D'ailleurs, les divergences théoriques (sans doute essentielles, quoique...) entre Sigmund et Carl Gustav font également l'objet d'au moins trois dialogues assommants. Et surtout ils passent leur temps à se raconter leurs rêves, pendant que nous... on les regarde se raconter leurs rêves.

Peut-être Cronenberg veut-il nous faire comprendre que ces gens étaient très coincés et que parler de sexe tout le temps leur donnait plutôt envie de fumer sur le canapé en bavardant ou en lisant le journal ? Si ce truc avait été diffusé sur France 2 un mercredi soir, avec des comédiens bien de chez nous, gageons que vous l'auriez pris en toute bonne foi pour une fiction télévisée à but éducatif sur l'histoire de la psychanalyse. En tout cas, pas besoin d'un grand écran et de convoquer les acteurs les plus sexy d'Hollywood pour faire ça. Voilà, c'est en homme déçu et bien sûr névrosé que je conclus ce compte-rendu par le point qui va suivre, maintenant, en gras.

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